Cercle ensō

Ritchie Dagonia : mes premiers katas de karaté

Je m'appelle Ritchie Dagonia, j'ai 11 ans, et sur cette page je présente les premiers katas qu'on apprend en karaté Shotokan, ceux que je traverse moi-même, un par un. À la fin, il y a un petit lexique des mots japonais qu'on entend tout le temps au dojo.

Un kata, c'est quoi ?

Un kata, c'est une suite de techniques dans un ordre précis, qu'on fait seul, comme si on se battait contre plusieurs adversaires qui arrivent de plusieurs directions. Tous les katas commencent et finissent par un salut. Le trajet qu'on dessine au sol s'appelle l'embusen : normalement, on termine exactement là où on a commencé. Dans chacun de ces katas, il y a deux moments où on pousse le kiai.

Les katas Heian sont les cinq premiers katas du Shotokan. Heian veut dire à peu près « esprit paisible » ou « paix et tranquillité ». Avant eux, on apprend souvent le Taikyoku Shodan, un kata encore plus simple, pour bien comprendre la forme.

Taikyoku Shodan

Taikyoku veut dire « cause première » ou « grand principe ». C'est le kata le plus simple : il n'y a que deux techniques, gedan-barai (le blocage bas) et oi-zuki (le coup de poing en avançant), toujours en zenkutsu-dachi, la position avant.

Ce qu'il travaille : apprendre l'embusen en forme de I, tourner correctement sans perdre l'équilibre, garder la même hauteur de position du début à la fin, et respirer avec le mouvement. Il a l'air facile, mais le faire vraiment bien, avec des positions basses et des blocages nets, ce n'est pas facile du tout.

Heian Shodan

C'est le premier kata Heian. Il reprend le trajet du Taikyoku, mais il ajoute de nouvelles techniques : age-uke (le blocage montant), tetsui-uchi (la frappe en marteau) et surtout shuto-uke, le blocage avec le tranchant de la main, en kokutsu-dachi (la position arrière), sur la fin du kata.

Ce qu'il travaille : le passage entre la position avant et la position arrière, le rythme (un blocage puis une attaque, en deux temps bien séparés), et les enchaînements où trois techniques identiques se suivent en ligne droite. C'est le kata que je connais le mieux, et pourtant mon sensei trouve toujours quelque chose à corriger.

Heian Nidan

Heian Nidan commence très différemment : dès le premier mouvement, on est en kokutsu-dachi avec un double blocage, les deux bras en même temps. On y trouve aussi yoko-geri keage (le coup de pied latéral fouetté) fait en même temps qu'un uraken (le revers du poing), le nukite (la pique avec le bout des doigts) et le gyaku-zuki.

Ce qu'il travaille : l'équilibre sur une jambe, la coordination des deux bras qui bougent ensemble, et les changements de direction rapides. Le moment du coup de pied latéral avec le poing, c'est celui que je répète le plus, parce que faire les deux en même temps sans tomber, ça demande beaucoup d'entraînement.

Heian Sandan

Heian Sandan est plus court, mais plus technique. On y trouve uchi-uke (le blocage de l'intérieur vers l'extérieur), morote-uke (le blocage renforcé avec les deux bras), des séries de blocages à deux bras, et toute une fin en kiba-dachi, la position du cavalier, avec des coups de coude (empi) et une frappe vers l'arrière.

Ce qu'il travaille : la position du cavalier, bien basse et bien stable, les rotations sur place, le fumikomi (le pied qui écrase le sol quand on avance en kiba-dachi), et la puissance qui vient de la hanche. C'est celui qui fait le plus mal aux cuisses, et c'est bon signe.

Comment je m'entraîne aux katas

Pour apprendre un kata, je fais d'abord les mouvements lentement, en comptant, sans chercher la force. Ensuite je les enchaîne par petits blocs de trois ou quatre techniques. Quand tout est dans la tête, je travaille le rythme, puis la puissance, puis le kiai. Et je vérifie toujours que je termine au même endroit que le départ : si ce n'est pas le cas, c'est qu'une position était trop courte ou trop longue.

Chez moi, je fais mes katas dans le couloir, et je m'imagine vraiment les adversaires. Ça change tout : le regard va au bon endroit, et chaque technique a un sens.

Petit lexique japonais du dojo

Rei
Le salut. On le fait debout ou à genoux, en inclinant le buste, et on regarde le sol.
Osu
Le mot qu'on dit pour tout : bonjour, oui, j'ai compris, courage. Il veut dire à peu près « tenir bon ».
Hajime
« Commencez ». Le signal du départ, pour un kata ou un combat.
Yame
« Arrêtez ». On s'arrête tout de suite et on reste en position.
Kiai
Le cri d'énergie qui accompagne certaines techniques.
Kihon
Les techniques de base, qu'on répète en ligne au début du cours.
Kata
La forme : un enchaînement de techniques contre des adversaires imaginaires.
Kumite
Le combat, avec un partenaire, en contrôlant ses techniques.
Sensei
Le professeur. Littéralement « celui qui est né avant », celui qui a fait le chemin avant nous.
Dojo
« Le lieu de la voie » : la salle où on s'entraîne.
Mokuso
Quelques secondes de silence, les yeux fermés, au début et à la fin du cours.
Karategi
La tenue de karaté : la veste et le pantalon blancs. La ceinture s'appelle l'obi.

Compter jusqu'à dix

On compte en japonais pour le kihon et pour les katas. Après dix, on recommence à un. Au début je mélangeais shichi et hachi ; maintenant je compte sans y penser.

  1. ichiun
  2. nideux
  3. santrois
  4. shi / yonquatre
  5. gocinq
  6. rokusix
  7. shichi / nanasept
  8. hachihuit
  9. kyū / kuneuf
  10. jūdix

Retour à l'accueil pour lire le reste : le kihon, le kumite, le dojo kun et ce que le karaté m'apprend.